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Cochonnailles
Sur l'étal d'un traiteur, un boudin fait l'andouille. Les pâtés font rillettes à de petits lardons, La merguez sermonne la saucisse qui s'embrouille Avec un chorizo vendu en promotion.
Bien qu'ils s'en paient une tranche, les jambons restent dignes, Médaillés d'un label, ils jouent les snobinards, Ignorant les avances de quelques galantines, Posées élégament sur un lit d'épinards.
Sachant, par expérience, ce que les soucis sont, Une rosette de Lyon, pendue à sa ficelle, Traite de salami, un joli saucisson, Qui préfère copiner avec une quenelle.
Ayant foi dans son gras, qui en a fait une star, Le foie de palmipède, impose son renom, Eclipsé, cependant, par une boîte de caviar, Qui couve amoureusement, tous ses oeufs de saumon.
Le gras- double a des tripes et c'est son intestin D'accommoder son sort à la mode de Caen. La mortadelle repose sur un cerfeuil en brin Veillée par un chapelet de saucisses au piment.
La couenne n'est pâs peu fière d'être issue des beaux lards. Un cervelas ranci, qui est loin d'être bio, Courtise sans complexe et sans prendre d'égards Une chipolata venue de Milano.
C'est par manque de chaland que je ferme boutique, Et comme de surcroit, j'ai du cholestérol, Bannie la charcuterie et vive la scarole, La verdure, paraît-il, est bien plus poëtique !
G.K
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