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Le prophète
Il était arrivé d'un ailleurs inconnu, Un bâton à la main, la colère dans les yeux, La poussière des chemins recouvrait ses pieds nus Et la lumière du soir éclairait ses cheveux.
Vêtu d'un linge blanc, en partie en lambeaux, Qu'une ceinture de corde maintenait à la taille, Il avait l'assurance de ces jeunes hobereaux; Qui étaient convaincus de gagner la bataille.
Il arpenta la ville en haranguant la foule, Lui parla de justice, d'amour, de charité, De cette humanité qui peu à peu s'écroule, Par crainte d'affronter la triste vérité.
Du seigneur au vilain, du juge au malfaiteur, Nul ne prêta l'oreille à ces divagations. Il leur prédit, alors, punition et malheur, Encourus par le voeu de ses malédictions.
Tout le monde se ligua pour chasser l'étranger. La vie reprit son cours, avec ses turpitudes. On ne pensa plus qu'à rire, à boire et à manger, Et le " chacun pour soi " reprtit ses habitudes.
En dehors de la ville, l'étranger se morfond; Il regrette déjà d'avoir maudit ces gens. Il se bât la poitrine et se frappe le front, Implorant du Divin, un juste chatiment.
Rageur, de son bâton, il martèle la terre. Coîncidence, sans doute, ce fût une ineptie, Le choc déclencha un tremblement de terre, La ville fût détruite...Séisme ou prophétie ? G.K
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