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Livre d'or

 Le pendu et le chien.

 

 

Suspendu au gibet qui lui ôta la vie,

Le corps du supplicié, lentement se balance,

Devant une assemblée, acharnée et ravie

Que l'on ait accepté d'assouvir sa vengeance.

 

Les hommes, repartis, arrivèrent les corbeaux.

Se tenant à distance de cette proie facile

Dont la chair putréfiée, couverte d'oripeaux,

Leur promet un festin, servi à domicile.

 

Il se trouva qu'un chien, galeux de son état,

Promena son errance sur ce lieu de supplice.

De ce cadavre d'homme, de ce corps renégat,

Le cabot solitaire, se veut être complice.

 

Contre les charognards, commence la bataille.

Bien qu'il soit famélique, il exhibe ses crocs:

Il aboie, il bondit, recommence sans faille,

Ecartant du gibet les ténébreux escrocs.

 

A courir il s'épuise, la fatigue le terrasse.

Il n'aboie plus, il grogne, son souffle est haletant,

Il s'arrête et se couche, l'oeil humide, l'oreille basse,

Son combat est perdu, c'est le dernier instant...

 

Les corbeaux, enhardis, se posent sur la potence.

Sur l'homme décharné, ils commencent l'ouvrage,

Déchiquetant son corps avec l'indifférence

D'un bourreau investi pour commettre l'outrage.

 

Plus tard, quand le soleil eût blanchi le squelette,

On trouva, mélangés, os d'homme et de chien...

Vouloir défendre un mort, fût pour la pauvre bête,

Sa façon héroïque de fixer son destin.

                                             GK

 

 

                                          

 

© 2008